Autour d’un monument de fer et d’acier

La vue d’un château-fort évoque en chacun de nous des images de chevaliers et de Moyen-Age. A l’instar de ces vestiges de pierre, le patrimoine industriel, parfois encore méprisé, peut également témoigner de l’Histoire locale. Tel est le cas de cette trémie photographiée à Sainte-Luce-sur-Loire, au bord du fleuve.

Trémie, seconde moitié du XXe siècle, Sainte-Luce-sur-Loire (photo G. Brunet)

Aujourd’hui exploitée par Lafarge granulats, elle était, jusqu’à l’interdiction de l’extraction du sable dans le lit mineur de la Loire en 1993, partie intégrante de la sablière dirigée par le précédent exploitant : la Florentaise.

Les différentes sablières implantées sur les bords de la Loire en amont de Nantes, parallèlement à une activité destinée à fournir le secteur de la construction, s’inséraient alors également dans un véritable système économique.

Depuis le XIXe siècle, le développement de Nantes s’était accompagné de celui du maraîchage. Mais, après la seconde guerre mondiale, l’essor urbain se fit aux dépends des terres agricoles et le maraîchage s’implanta alors plus fortement au Sud de la Loire.

La construction de la levée de la Divatte entre 1847 et 1856 avait permis de gagner sur le fleuve de fertiles terres limoneuses. Et c’est donc naturellement dans cette vallée que s’est également déployée au milieu du XXe siècle une partie de l’activité maraîchère nantaise.

Particulièrement recherché pour ses qualités agronomiques, le sable de Loire trouvait alors un débouché important dans ses parages immédiats. De nombreuses, trémies semblables à celle-ci, étaient alors implantées sur les cales de la levée la Divatte et même jusqu’aux portes de Nantes, à proximité du quartier Malakoff, sur la rive droite du fleuve.

Devenue en quelques décennies une des villes les plus importantes du secteur agroalimentaire, Nantes concentrait sur quelques kilomètres de Loire toutes les activités de la filière. De l’extraction du sable en passant par la production maraîchère jusqu’à la vente au M.I.N. (Marché d’Intérêt National) et la transformation.

De nos jours, suite à l’interdiction de l’extraction, presque toutes les trémies ont disparu ; sur la levée de la Divatte comme à l’extrémité du boulevard de Sarrebruck à Nantes. Celle de Sainte-Luce-sur-Loire est une des dernières survivantes.

En faisant abstraction des considérations esthétiques, forcément subjectives, ces chapelles d’acier témoignent d’une histoire à laquelle la population est parfois plus attachée qu’on l’imagine. Souvenons-nous ainsi de l’attachement toujours vif des habitants du Nord de la France pour leurs terrils et leurs corons ou, à Nantes même, de la mobilisation pour la conservation des grues Titan, aujourd’hui classée…

Les entreprises marquent donc également le paysage de leur empreinte historique. Elles contribuent à créer un patrimoine architectural que s’approprie finalement la population comme un témoignage de son Histoire ; au même titre que des châteaux ou des églises.

Comme un goût de Révolution industrielle et de Compagnie des Indes…

Un article à consommer avec modération, comme toutes les boissons alcoolisées.

Les méthodes centenaires peuvent inspirer les réussites commerciales d’aujourd’hui. Si vous êtes amateur de bières, l’intrigante appellation IPA a certainement attiré votre attention ces dernières années. Derrière ces trois lettres se cache « India Pale Ale » une appellation intimement liée à l’histoire de l’économie britannique.

4 IPA différentes produites en Loire-Atlantique (photo G.Brunet)

Les Pale Ale désignent au début du XVIIIe siècle des bières plus claires que leurs contemporaines. Parmi les causes, se trouve l’utilisation du coke pour le touraillage (la torréfaction) d’une partie du malt. Avec ces malts moins « fumé » que ceux séchés en brûlant des matières organiques, ces bières gagnent en clarté.

Le coke est un produit emblématique de la Révolution Industrielle qui naît alors au Royaume-Uni. En quelques décennies, c’est toute l’économie insulaire, y compris le domaine de la Brasserie, qui entre de plain-pied dans l’économie moderne.

L’essor économique s’accompagne aussi du développement colonial. Dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, la Compagnie Britannique des Indes Orientales -entreprise privée- assoit sa domination sur l’Inde. Elle y exporte des marchandises produites au Royaume-Uni dont la bière.

Différentes sociétés écoulent ainsi une partie de leur production de Pale Ale mais aussi d’autres types de bières. Progressivement, la recommandation de houblonner plus fortement les breuvages pour une meilleure conservation sous les climats chauds de l’Inde s’impose parmi les exportateurs de Pale Ale. Et c’est ainsi que naît vers 1840 l’appellation India Pale Ale.

Les IPA connaissent un certain succès tant au Royaume-Uni que dans l’Empire Britannique avant que l’appellation et même la production deviennent plus confidentielles. C’est le renouveau des brasseries artisanales dans les années 1980 qui remet sur le devant de la scène les India Pale Ales. Leur nouvelle renommée gagne dans les années 2010 le Vieux Continent où brasseurs industriels et microbrasseries élaborent leurs IPA toujours très appréciées des amateurs de bière.

Nous remercions Sylvain du bar Le 100P’, dédié aux bières artisanales de Loire-Atlantique, qui nous a soufflé l’idée de ce billet.

Autour d’un objet

Un simple produit peut témoigner des qualités d’une marque. Tel est le cas de cette carte éditée par Foldex entre 1939 et 1940.

Devenue aujourd’hui Blay-Foldex, la société fait de la réactivité l’une de ses forces.

Carte de l’Europe centrale éditée par Foldex, 56×75 cm, 3×6 plis, papier, vers 1939-1940 (photo G.Brunet)

Cette carte de l’Europe Centrale physique et politique illustre parfaitement l’ancienneté de cette préoccupation.

Y figurent en effet le Protectorat de Bohême-Moravie, établi par l’Allemagne, et la Slovaquie ; fruits du démembrement de la Tchécoslovaquie en mars 1939.
On y distingue également le Gouvernement Général installé par le régime hitlérien en octobre 1939 sur la partie de la Pologne qui n’a pas été directement annexée au Reich.
La Lituanie, envahie par l’URSS en juin 1940, est encore représentée indépendante. L’Alsace, annexée par l’occupant en octobre 1940, est encore française. Ce qui nous assure que cette carte a été dessinée et produite dans le court laps de temps écoulé entre octobre 1939 et juin 1940.

Il en ressort l’image d’une entreprise dynamique et réactive s’adaptant aux bouleversements géopolitiques de son époque pour assurer à ses clients un produit actualisé.

Si vous aussi souhaitez mettre en avant les valeurs et traditions de votre entreprise grâce aux produits qui ont jalonné son histoire, n’hésitez pas à contacter le Bureau des Récits.